Les relations de l'Avocat avec les Magistrats et les Tiers
C'est par la robe que revêt l'avocat que se manifeste au profane la responsabilité incombant à la profession. Cette robe sombre symbolise le respect que doit l'avocat à la magistrature et de manière plus triviale à la justice. En effet, la dignité de la profession est en partie exprimée par le port de la robe.

Qu'il s'agisse de l'avocat, du magistrat, des auxiliaires de justice ou encore des nombreux intervenants que la justice est amenée à solliciter, tous œuvrent dans un intérêt de bonne justice.
Dès lors, il apparaît en filigrane la vérité d'une collaboration entre ces acteurs, mais parfois, le constat d'un patent antagonisme s'impose.
Dans l'exercice de son activité, l'avocat est inéluctablement conduit à s'entretenir avec les magistrats.

Toutefois, l'organisation de la magistrature à pour incidence de modifier les relations que l'avocat sera amené à avoir selon que le magistrat soit un magistrat du parquet ou un magistrat du siège.
De manière élémentaire, le parquet devra généralement être combattu, mais quelquefois, il sera un soutien, un allié alors que le magistrat du siège devra, quant à lui, être convaincu par la rhétorique.

Le Bâtonnier Merle illustrait parfaitement la préoccupation que constituent les magistrats pour les avocats
« Messieurs et Mesdames, les magistrats, vous êtes l'objet constant de nos pensées. C'est pour vous que nous préparons nos dossiers, en songeant à ce que nous croyons connaître ou deviner de vos personnalités. C'est devant vous et pour vous que nous nous mettons en scène et que nous interprétons les drames et les incidents de la vie dans l'espoir sinon de toujours vous convaincre, du moins de contribuer à l'oeuvre de justice »1. (Mélanges Roger Merle, Cujas, p. 245)

La déontologie de l'avocat appréhende ces interactions. Si l'avocat est tenu de respecter les magistrats, il convient de se garder de toute conclusion hâtive d'avilissement de l'avocat qui reste indépendant
Il en va de même vis à vis des tiers.
La notion de tiers est pour le moins vague, dès lors sa délimitation est délicate.

Toutefois, trois axes peuvent être dégagés.

- La première catégorie il s'agit des sachants, des médias, de la partie adverse sans avocat ainsi que les auxiliaires de justice.
L'avocat se sait indépendant, aucun lien ne saurait remettre cette singularité en cause, puisque l'avocat n'est en aucun cas lié à ses intervenants par un rapport contractuel ou procédural.

- S'agissant de la deuxième catégorie, les rapports entre l'expert désigné par le juge et les avocats doivent s'inscrire dans le strict respect des règles de la déontologie de l'un et de celle des autres.
L'avocat doit être indépendant du juge, de son adversaire, de l'expert. L'expert en revanche doit l'être du juge, des parties en cause et de leurs conseils.
Ils sont soumis au respect des valeurs et principes de probité, de conscience, d'honneur, de loyauté, de modération et de courtoisie.
En toutes circonstances, ces règles et usages ne doivent jamais être perdus de vue.

L'avocat est lié par son secret professionnel ; Il est en droit de l'opposer à l'expert, comme au juge.
Il ne saurait lui être reproché de ne pas contribuer à la recherche de la vérité dans la mesure où elle est contraire aux intérêts de son client.
Le rôle de l'avocat dans l'expertise est stratégique puisqu'il réside dans la recherche d'adhésion du juge dans son argumentation.

- S'agissant de la troisième et dernière catégorie, elle constitue une certaine innovation en ce qu'elle encadre les relations ponctuelles entre l'avocat et les autres professions réglementées que sont le notariat et les experts-comptables.
Si cette collaboration existait de manière factuelle, la charte de collaboration interprofessionnelle est venue réglementer de manière officielle cette pratique.
Elle fut également saluée par l'ensemble des professions concernées en ce qu'elle constituait le terme d'une âpre bataille de défense de périmètre du droit.

Aujourd'hui, les avocats, notaires et experts-comptables disposent d'un outil pour organiser et réglementer leurs rapports interprofessionnels.

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Historique

  • Petites Histoires du Barreau

    Draguignan, HUIT SIECLES DE JUSTICE Par Monsieur le Bâtonnier Claude GIANNESINI La fonction juridictionnelle et administrative est a l'origine du développement de la ville de Draguignan qui peut légitimement s'enorgueillir de posséder l'une des plus anciennes juridictions de France. LA JUSTICE COMTALE En transférant le siége de ses juridictions de Fréjus à Draguignan, le 20 novembre 1203, pour les soustraire , dit-on, à la proximité des juridictions ecclésiastiques de l' Evêque de Fréjus , et éviter ainsi à ses Juges et fonctionnaires des avanies et des querelles de préséance, le Comte de Provence fonda la prospérité de Draguignan pour plusieurs siècles. Le ressort de la juridiction est immense et sa compétence très large (première instance au civil et au criminel et juridiction d'appel des juridictions féodales), les affaires nombreuses et les plaideurs venant à Draguignan pour les besoins de la procédure favorisent l'essor commercial d'une ville qui, blottie autour de la Butte de l 'Horloge, ne compte alors que quelques milliers d'habitants . LA JUSTICE ROYALEAprès la réunion de la Provence à la France (1481) le rôle administratif et judiciaire de Draguignan va se développer et, si à certaines périodes son ressort est amputé par la création d'autres juridictions ou transféré pour sanctionner, notamment, les troubles liées aux guerres de religion ou à ceux plus « corporatiste » de la querelle du Semestre qui opposait « razats » et « canivets », notamment au profit de Lorgues, ce ne fut jamais pour bien longtemps. Le vieux donjon, construit par le Comte de Provence, où était logés les prisonniers, rasé a titre de sanction et bientôt reconstruit avec la permission de Louis XIV, est devenu « Tour de l'Horloge » surmonté d'un campanile dont les cloches ont marqué pendant des siècles la vie quotidienne des dracénois et notamment celle des juridictions qui n'ayant a l'origine aucun prétoire, siégeaient en plein air sur la partie supérieure de la place du marché (vers le café des Négociants) avant de se loger dans un immeuble démoli au début du XIXème siècle de l'autre coté de la place du Marché approximativement là où se situe de nos jours la fontaine. Les chroniques rapportent les exécutions de certains hérétiques sur le bûcher dressé sur la place du marché.L' exécution publique avait, aux yeux du temps, une vertu pédagogique et le spectacle de l'exécution une vertu dissuasive.Les fourches patibulaires étaient, quant à elles, dressées au quartier des « Fourches », c'est dire dans les environs immédiats du Col de L'ange, et le spectacle de corps laissés en décomposition revêtait aussi une valeur d'avertissement. Ensuite les Juridictions siégèrent longtemps dans un immeuble, qui existe toujours, situé place du Fabriguier, également longtemps appelée Place de la Cour avant de rejoindre un immeuble dit « Maison du Roi » situé en haut de la rue de l'Observance, qui regroupait en un même lieu le Palais de Justice et une prison célèbre par son insalubrité et ses évasions, dont celle de Gaspard de Besse qui y séjourna quelques temps aux frais du Roi.L'on rapporte aussi que l'immeuble était tellement mal entretenu qu'une partie de la salle d'audience s'écroula, obligeant le tribunal à trouver refuge dans un couvent pendant une vingtaine d'années.Les avocats, les magistrats, les personnels de justice constituent une part non négligeable de la population locale (27 avocats au recensement de 1791). Nombreux, intellectuellement active, souvent aisée, la « basoche » Dracénoise est a l'origine de la construction des plus beaux immeubles de la vieille ville, souvent ignorés de nos jours, dans lesquels de véritables dynasties d'avocats ou de magistrats vécurent, se partageant entre activités professionnelles, activités sociales et de bienfaisance comme les portraits des généreux donats de l'hôpital le rappellent, mais aussi économique, car souvent ils étaient aussi propriétaires de domaines cultivés et , naturellement, intellectuelles comme leurs pairs de l'époque partout ailleurs. Le célèbre RAYNOUARD, avocat de notre Barreau, connu pour ses travaux sur les troubadourset, secrétaire perpétuel de l'Académie Française, est l'un des exemples de cette activité intellectuelle des Avocats de l'époque.Pendant deux siècles la Basoche fut l'élément moteur de la cité, contribuant à son renom pas le prestige lié à la Sénéchaussée et à sa prospérité par son train de vie.   La Révolution et l'Empire P2::/introtext::::fulltext::::/fulltext::

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